Dissertation Ses Emploi Et Chomage

Des milliards comme s’il en pleuvait ! Les États-Unis, la Chine, le Japon ou les pays européens ont dégainé des plans de relance impressionnants, d’un montant total déclaré de plus de 2 800 milliards de dollars (2 190 milliards d’euros) sur deux ans. La dépense supplémentaire « en passe d’être décidée par les principaux pays pour 2009 et 2010 représente 5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial », selon les économistes de Natixis.

Dans ces programmes, la liste des mesures sur la fiscalité, l’appui aux industries et aux entreprises, les travaux d’infrastructures, les projets d’équipements, le soutien à la consommation ou aux ménages, donnent l’impression d’un inventaire à la Prévert. (…)

Le Fonds monétaire international (FMI), qui évalue le coût budgétaire des plans annoncés par les pays du G 20 (les 20 grandes économies développées et émergentes) à 1,5 % de leur PIB, en moyenne, en 2009, estime que leur impact permettrait d’obtenir 0,5 à 1,25 point de croissance pour l’ensemble de ces pays, atténuant ainsi la récession. L’institution prévoit en effet une croissance mondiale de 0,5 % en 2009 (– 2 % dans les pays développés et + 3,3 % dans les pays émergents et en développement), avant un rebond à 3 % en 2010. (…)

Aujourd’hui, face à la chute libre de l’activité, un effet rapide est recherché. En France, par exemple, le remboursement par antici­pation de 11,4 milliards d’euros de crédit d’impôt (…) répond à l’urgence. C’est aussi le cas des aides à la consommation qui entrent vite en vigueur – comme la baisse de la TVA, en décembre 2008 au Royaume-Uni – ou des baisses et des crédits d’impôts sur le revenu, surtout dans les pays effectuant les prélèvements à la source, comme aux États-Unis ou en Allemagne.

Anne Rodier et Adrien de Tricornot, « Comment faire redémarrer l’économie ? », Le Monde, 10 février 2009.

Crédit d’impôt : mesure administrative permettant d’alléger l’impôt d’un agent économique (soit par réduction de l’impôt payé, soit par remboursement versé directement à son bénéficiaire).

Candidats au bac ES (économique et sociale) 2015, à quels sujets vous attendre en juin prochain ? Voici nos pronostics, basés en partie sur les avis d'enseignants. Avec, en prime, des corrigés de sujets pour vous entraîner, façon "bac blanc".

Le sujet : La flexibilité du marché du travail peut-elle être un remède au problème du chômage ?
  

Introduction

La crise qui a frappé la plupart des économies en 2009 s’est traduit par une montée du chômage notamment en France. Si un retour de la croissance faciliterait les créations d’emploi et la réduction du chômage conjoncturel, d’autres conditions pourraient selon certains analystes accélérer cette reprise de l’emploi. Une plus grande flexibilité du marché du travail serait à ce titre souhaitable.

Pendant les Trente Glorieuses, la période de forte croissance et de quasi plein-emploi a conduit la France à promouvoir un modèle d’emploi stable : CDI, instauration d’un salaire minimum, législation du travail et conventions collectives relativement protectrices. Le ralentissement des années 70 et le contexte de mondialisation ont exacerbé les conditions de la concurrence et renforcé l’impératif de compétitivité. Dès lors, la capacité à s’adapter aux modifications de l’environnement devient un enjeu crucial pour les entreprises et pour l’économie d’un pays. Cette capacité à s’adapter repose en grande partie sur la flexibilité du marché du travail. Cette dernière peut recouvrir différentes modalités : flexibilité quantitative externe ou interne, flexibilité salariale. Toutefois si la flexibilité est censée améliorer l’efficacité productive et au final réduire le chômage, n’est-t-elle pas un facteur d’instabilité de l’emploi ? Une flexibilité excessive n’est-elle pas au final contreproductive ?

Dans une première partie, nous montrerons que la flexibilité du marché du travail est nécessaire pour réduire le chômage. Dans une seconde partie, nous montrerons que l’efficacité de la flexibilité du travail est à nuancer et que celle-ci dépend des conditions de mise en œuvre.


I/ Une certaine flexibilisation du marché du travail s’avère nécessaire pour réduire le chômage.
A. La rigidité du marché du travail serait une cause majeure du chômage:

1. Dans l’analyse libérale, les rigidités du marché du travail sont un facteur de chômage : le marché du travail est un marché comme les autres : les rigidités empêchent les ajustements "spontanés"
2. La rigidité des contrats et de la législation : un frein à l’embauche
3. La rigidité des salaires : relation "classique" coût du travail et emploi.


B. La flexibilité du travail : un instrument de croissance et donc d’emploi.

1. La flexibilité du travail permet d’ajuster la quantité de travail aux besoins réels de l’entreprise donc de gagner en productivité, en compétitivité prix.
2. La flexibilité du travail permet d’accroître la compétitivité hors-prix (réactivité, respect des délais) et de mieux rentabiliser les équipements
3. La flexibilité peut permettre d’enrichir la croissance en emploi et d’accélérer les créations d’emploi en phase de reprise de l’activité.

Transition : Des études précises de l’OCDE sur le lien entre degré de flexibilité du marché du travail et performance d’emploi montre que la corrélation est loin d’être parfaite.
 

II/ Cependant l’efficacité de la flexibilisation est à nuancer et dépend des conditions de sa mise en œuvre.
A/ Une flexibilité excessive peut nuire à l’efficacité économique et dégrader les conditions d’emploi.
1/ En période de ralentissement de l’économie, certaines formes de flexibilité peuvent accentuer le ralentissement.

Flexibilité quantitative externe et flexibilité salariale conduisent à une compression de la masse salariale et exercent des effets dépressifs sur la demande de biens et service (approche keynésienne).

2/ Certaines formes de flexibilité sont de nature à précariser l’emploi avec des conséquences économiques et sociales néfastes.

- recours aux formes particulières d’emploi, emplois atypiques, précarisation et dualisme du marché du travail.
- Effets pervers d’une instabilité des effectifs : turn-over, cohésion sociale et culture d’entreprise dégradées, problèmes de la formation interne.


B/ La flexibilité est nécessaire mais elle doit être encadrée et ne doit pas précariser le travailleur.
1/ Certains types de flexibilité ne précarisent pas l’emploi :

- flexibilité quantitative interne
- flexibilité fonctionnelle.

2/ Flexibilité de l’emploi et sécurisation du travailleur : l’exemple danois de la flexi-sécurité (ou flexsécurité)

Conclusion


Dans une économie vivante et soumise à un impératif de compétitivité, la recherche de flexibilité est indispensable. Toutefois le débat porte sur les modalités de cette flexibilité. Une flexibilité quantitative externe ou une flexibilité salariale excessive peuvent s’avérer être au final contreproductive.


En matière de flexibilité du travail, les expériences étrangères peuvent être riches d’enseignement et nous permettre de construire notre propre modèle en tenant compte de nos spécificités nationales. Cependant le chômage est un phénomène complexe, ses origines sont multiples et il ne faut donc pas se contenter d’un seul type de mesure ; la flexibilisation du marché du travail n’est pas la panacée.

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